Témoignage

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Etre en CUMA, c’est être opérationnel plus rapidement en disposant d’équipements performants et en partageant avec d’autres agriculteurs.

En tant que jeune agriculteur être adhérent de CUMA, c’est bénéficier d’un coup d’accélérateur dans ses projets. Avoir rapidement accès à un matériel performant, moderne, être au cœur d’un groupe, partager…c’est être plus efficace, capable de mettre en œuvre des solutions innovantes mais aussi mieux gérer son temps de travail.

C’est le sens du témoignage de Romain, adhérent, trésorier de la CUMA de Sémalens.

Romain, en quelques mots, comment es-tu venu à l’agriculture ?

C’est avant tout par passion. Après avoir suivi une formation en BTS Aménagement paysager et obtenu une licence en Urbanisme et aménagement du territoire à Lille, j’ai passé un temps à chercher du travail. Ensuite, de 2014 à 2019, j’ai travaillé comme aide familial sur l’exploitation de mes parents.

Tu as mentionné une installation progressive. Peux-tu nous en parler ?

Oui, cela a commencé avec l’exploitation de mon grand-père, qui s’étend sur 30 hectares à Fréjéville, en 2019. Récemment, j’ai repris l’exploitation de mon père, qui est parti à la retraite l’année dernière. Cela a ajouté 40 hectares, portant la surface totale à 75 hectares.

Sur quelles surfaces travailles tu aujourd’hui, et comment gères tu l’équilibre des cultures ?

Je travaille sur 75 hectares, dont une vingtaine sont en herbe. Ces parcelles sont situées sur des coteaux, et je vends du foin à des agriculteurs de l’Aude. Une partie est consacrée au maraîchage : ail, oignons, échalotes, pommes de terre, et quelques légumes de saison. Toutefois, je n’ai pas de chambre froide, donc je dois vendre rapidement. Je fais des marchés, notamment à Albi, au pied de la cathédrale, où j’ai une clientèle fidèle depuis plus de 10 ans.
Pour les grandes cultures, je cultive du blé, de l’orge et du tournesol. Avec ces cultures, je gère bien mes rotations, notamment avec des cycles de 3 à 5 ans pour les légumes.

Tu te considères comme « double actif ». Que veux-tu dire par là ?

Effectivement, j’ai deux activités : une agriculture traditionnelle avec les grandes cultures, et une activité de production et vente en maraîchage.

Comment la CUMA t’aide-t-elle au quotidien ?

La CUMA est essentielle, surtout pour les grandes cultures. J’adhère à plusieurs CUMA, notamment celles de Sémalens et du Pays d’Agoût. Pour le maraîchage, j’utilise du matériel présent sur l’exploitation, dont deux vieux tracteurs. Cependant, je réfléchis à collaborer avec la CUMA pour l’ail.
Concernant les grandes cultures, les équipements de la CUMA sont indispensables. J’ai accès à une charrue, un déchaumeur, un semoir et un tracteur de 165 chevaux. Mon propre tracteur, de 115 chevaux, me suffit pour certains travaux comme l’épandage d’engrais ou la pulvérisation, mais il est moins adapté à des tâches plus lourdes.
La CUMA me permet aussi de faire évoluer mes pratiques, en limitant le labour, en favorisant le déchaumage et en introduisant des couverts végétaux. Cela ouvre de nouvelles possibilités.

Penses-tu que tu pourrais être agriculteur sans la CUMA ?

Pour le maraîchage, oui, mais à condition de partager certains équipements à terme. Mon démarrage s’est fait avec le matériel en place, mais des questions se posent maintenant, notamment pour semer l’ail.
Pour les grandes cultures, la réponse est clairement non. La taille de mon exploitation ne me permet pas d’investir seul dans ces équipements. Mon projet repose sur un équilibre entre les deux activités, et cet équilibre ne serait pas possible sans la CUMA.

Tu attaches une grande importance à l’équilibre des temps. Peux-tu nous en dire plus ?

Je vis de mon métier, mais j’ai fait le choix d’être efficace pour m’aménager des temps pour ma famille et mes loisirs. Cela passe par l’utilisation d’équipements performants et par une bonne organisation.

Tu t’es aussi engagé en tant qu’administrateur. Pourquoi ?

Il est incohérent de considérer une structure comme la CUMA comme essentielle sans s’y engager. Je suis la troisième génération de cumiste dans ma famille. J’occupe le poste de trésorier, avec l’appui de mon prédécesseur et des équipes de la FD.

Un mot pour conclure ?

Toute politique d’installation doit inclure un soutien aux collectifs comme les CUMA. Ces structures rendent les jeunes agriculteurs opérationnels rapidement et favorisent l’évolution des pratiques grâce à l’accès à des équipements performants et au partage de savoir-faire. Les CUMA doivent aussi être des lieux d’accueil et d’échanges. C’est un message important pour les décideurs comme pour les collectifs agricoles.